Affichage des articles dont le libellé est Politique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Politique. Afficher tous les articles

dimanche 7 mars 2010

Pervers narcissique

Je pense qu'on ne peut pas accéder à certains niveaux de responsabilités si on a trop d'empathie. Comment décider qu'on va sacrifier toute une partie de la population pour en privilégier une autre ? Moi, je ne pourrais pas. Or il y a des gens qui y arrivent, et qui dorment bien. Je pense qu'à leurs yeux, seul le "moi" compte. Les autres ne sont pas de vraies personnes , ce sont des ombres. S'ils souffrent ce n'est pas très grave. Ce qui compte c'est ma carrière, mon épanouissement. Je suis très content, je suis devenu président. On leur fait remarquer qu'ils ont sacrifié des gens pour ça ? Oui mais ça ne fait rien, je suis devenu président !
(Boris Cyrulnik, interviewé dans Sine Hebdo n°76 du 17 février 2010)

dimanche 14 décembre 2008

La diversité est une richesse

La diversité des individus qu'engendre la reproduction sexuelle dans les populations humaines est rarement prise pour ce qu'elle est : l'un des principaux moteurs de l'évolution, un phénomène naturel sans lequel nous ne serions pas de ce monde. Le plus souvent, cette diversité est considérée soit comme sujet de scandale par ceux qui critiquent l'ordre social et veulent rendre tous les individus équivalents, soit comme moyen d'oppression par ceux qui cherchent à justifier cet ordre social par un prétendu ordre naturel dans lequel ils veulent classer tous les individus en fonction de la "norme", c'est-à-dire d'eux-mêmes. Malgré certaines affirmations, ce n'est pas la science qui détermine la politique, mais la politique qui déforme la science et en mésuse pour y trouver justification et alibi. Par une singulière équivoque, on cherche à confondre deux notions pourtant bien distinctes : l'identité et l'égalité. L'une réfère aux qualités physiques ou mentales des individus; l'autre à leurs droits sociaux et juridiques. La première relève de la biologie et de l'éducation ; la seconde de la morale et de la politique. L'égalité n'est pas un concept biologique. [...] C'est bien sûr l'aspect social et politique qui est l'enjeu de ce débat, soit qu'on veuille fonder l'égalité sur l'identité, soit que, préférant l'inégalité, on veuille la justifier par la diversité. Comme si l'égalité n'avait pas été inventé précisément parce que les êtres humains ne sont pas identiques. [...] Ce qui lui donne sa valeur et son importance, c'est la diversité des individus ; ce sont leurs différences dans les domaines les plus variés. La diversité est l'une des grandes règles du jeu biologique. Au fil des générations, ces gènes qui forment le patrimoine de l'espèce s'unissent et se séparent pour produire ces combinaisons chaque fois éphèmères et chaque fois différentes que sont les individus. Et cette diversité, cette combinatoire infinie qui rend unique chacun de nous, on ne peut la surestimer. C'est elle qui fait la richesse de l'espèce et lui donne ses potentialités.
(François Jacob - Le jeu des possibles)

lundi 13 octobre 2008

Le moteur du changement

Les masses rejettent essentiellement le concept de stabilité. En général, ceux qui n'ont pas de richesse suffisantepour les enraciner solidement se préoccupent davantagede gain que de sécurité. Pour eux, la société est le champ sur lequel se joue l'aventure. C'est une structure dans laquelle ils espèrent s'élever à une position de pouvoir supérieur.
[...]
Une société stable, conforme à la raison et contrôlée comme la nôtre, fait obstacle à leurs aspirations. Dans une société instable, qui se détériore rapidement, les classes les plus basses auraient plus de chance de s'emparer du pouvoir. Fondamentalement, ceux des basses classes sont des aventuriers qui conçoivent plus la vie comme une spéculation, comme un jeu de hasard, que comme une tâche à remplir, avec le pouvoir social comme gros lot.
[...]
L'instatisfaction des masses ne s'appuie pas sur les privations économiques, mais sur un sentiment d'incapacité. Ce n'est pas un accroissement du niveau de vie, mais un plus grand pouvoir social qui est leur but fondamental. A cause de leur orientation émotionnelle, ils se soulèvent et agissent quand une figure de chef suffisamment puissante peut les rassembler en un unité fonctionnelle au lieu de la masse chaotique d'éléments informes qu'ils étaient auparavant.
(Philip K. Dick, dans "Les marteaux de Vulcain")