Affichage des articles dont le libellé est Réalité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Réalité. Afficher tous les articles

mardi 17 février 2009

Les sages femmes de la réalité

Les poètes sont les sages femmes démentes de la réalité. Ils ne voient pas ce qui est, ni ce qui peut être mais ce qui doit devenir.
(Dan Simmons, Les Cantos d'Hypérion)

mercredi 11 février 2009

Juste une illusion

Les illusions s'imposent à nous parce qu'en nous permettant d'éprouver du plaisir elles nous épargnent bien des peines. Par conséquent, nous devons accepter sans nous en plaindre qu'elles soient réduites en miettes lorsque parfois elles se heurtent à un peu de réalité.
(Sigmund Freud)

vendredi 19 décembre 2008

Une réalité construite

Pour moi, la réalité n'est pas tant quelque chose que l'on perçoit que quelque chose que l'on fait. On la crée plus rapidement qu'elle ne vous crée. L'homme est la réalité que Dieu a créée à partir de la poussière ; Dieu est la réalité que l'homme crée continuellement à partir de ces propres passions, de sa propre volonté. Le 'Bien', par exemple, n'est pas un concept ou même une force dans le monde ou au-dessus du monde, mais ce que l'on fait avec des fragments épars qui nous entourent et qui sont dénués de sens, déconcertants, décevants et même cruels et accablants, qui semblent être des fragments mis au rebut, des restes d'un monde tout à fait autre et qui peut-être avait un sens.
(Philip K. Dick - L'Homme et l'Androïde)

mercredi 10 décembre 2008

La conscience, une fabrique du possible ?

Ce qui donne au langage son caractère unique, c'est moins, semble-t-il, de servir à communiquer des directives pour l'action que de permettre la symbolisation, l'évocation d'images cognitives. Nous façonnons notre "réalité" avec nos mots et nos phrases comme nous la façonnons avec notre vue et notre ouïe. Et la souplesse du langage humain en fait aussi un outil sans égal pour le développement de l'imagination. Il se prête à la combinatoire sans fin des symboles. Il permet la création mentale de mondes possibles.
Selon cette manière de voir, chacun de nous vit dans un monde "réel" qui est construit par son cerveau avec l'information apportée par les sens et le langage. C'est ce monde réel qui constitue la scène où se déroulent tous les événements d'une vie. L'expérience à laquelle est exposé le cerveau pendant la vie varie d'un individu à l'autre. Malgré cela, les représentations du monde que créent ces expériences sont suffisamment semblables pour pouvoir être communiquées avec des mots. La conscience pourrait être considérée comme la perception de soi en "qu'objet" placé au centre même de la "réalité". L'existence de soi en tant qu'objet, c'est-à-dire d'une personne, constitue certainement l'une des intuitions les plus profondément ancrées en nous. Il est bien difficile de décider à quel stade de l'évolution on peut déceler un début de conscience de soi. Peut-être en trouve-t-on une indication dans la capacité, de se reconnaître dans un miroir. Et cette capacité, on ne la voit apparaître qu'à un certain niveau de complexcité dans l'évolution des primates. Quand elle est combinée avec le pouvoir de former des images de la "réalité", de les recombiner, de se former ainsi par l'imagination une représentation de mondes possibles, la conscience de soi donne à l'être humain le pouvoir de reconnaître l'existence d'un passé, d'un avant sa propre vie. Elle lui permet aussi d'imaginer des lendemains, d'inventer un avenir qui contient sa propre mort et même un après sa mort. Elle lui permet de s'arracher à l'actuel pour créer un possible.
(François Jacob - Le jeu des possibles)

lundi 8 décembre 2008

Perception et réalité

Quelle que soit la manière dont un organisme explore son milieu, la perception qu'il en tire doit nécessairement refléter la "réalité" ou, plus spécifiquement, les aspects de la réalité qui sont directement liés à son comportement. Si l'image que se forme un oiseau des insectes qu'il doit apporter en nourriture à ses petits ne reflétait pas certains aspects de la réalité, il n'y aurait plus de petits. Si la représentation que se fait le singe de la branche sur laquelle il veut sauter n'avait rien à voir avec la réalité, il n'y aurait plus de singe. Et s'il n'en était pas de même pour nous, nous ne serions pas ici pour en discuter. Percevoir certains aspects de la réalité est une exigence biologique. Certains aspects seulement, car il est bien évident que notre perception du monde extérieur est massivement filtrée. Notre équipement sensoriel nous permet de voir si un tigre pénètre dans notre chambre à coucher. Il ne nous permet pas de déceler le nuage de particules dont les physiciens nous affirment qu'il constitue la réalité du tigre. Le monde extérieur, dont la "réalité" nous est connue de manière intuitive, paraît ainsi être une création du système nerveux. C'est, en un sens, un monde possible, un modèle qui permet à l'organisme de traiter la masse d'information reçue et de la rendre utilisable pour la vie de tous les jours. On est ainsi conduit à définir une sorte de "réalité biologique" qui est la représentation particulière du monde extérieur que construit le cerveau d'une espèce donnée. La qualité de cette réalité biologique évolue avec le système nerveux en général et le cerveau en particulier.
(François Jacob - Le jeu des possibles)

lundi 24 novembre 2008

Il n'y a pas de vérité ultime

Contrairement à ce qu'on croit souvent, l'important dans la science, c'est autant l'esprit que le produit. C'est autant l'ouverture, la primauté de la critique, la soumission à l'imprévu, si contrariant soit-il. Il y a belle lurette que les scientifiques ont renoncé à l'idée d'une vérité ultime et intangible, image exacte d'une 'réalité' qui attendrait au coin de la rue d'être dévoilée. Ils savent maintenant devoir se contenter du partiel et du provisoire. Une telle démarche procède souvent à l'encontre de la pente naturelle à l'esprit humain qui réclame l'unité et la cohérence dans sa représentation du monde sous ces aspects les plus divers. De fait, ce conflit entre l'universel et le local, l'éternel et le provisoire, on le voit périodiquement réapparaître dans une série de polémiques opposant ceux qui refusent une vision totale et imposée du monde à ceux qui ne peuvent s'en passer. Que la vie et l'homme soient devenus objets de recherche et non plus de révélation, peu l'acceptent. (François Jacob - Le jeu des possibles)

samedi 11 octobre 2008

Cette nature démiurgique

Usant de poids et de contrepoids légers, la Nature s'assigne des limites à l'intérieur desquelles elle oscille et engendre cependant toutes les variétés et les conditions de phénomènes qui nous sont présentés dans l'espace et le temps. (Goethe)

vendredi 10 octobre 2008

Aux frontières du calcul du réel

Cela m'ennuie toujours qu'il faille à une machine à calculer, suivant les lois telles que nous les comprenons aujourd'hui, un nombre infini d'opérations logiques pour trouver ce qui se passe dans une région de l'espace aussi petite soit-elle et pendant un temps aussi court soit-il. Comment tout cela peut-il avoir lieu dans ce domaine réduit ? Pourquoi faut-il une quantité de logique infinie pour décrire ce qui va se passer dans une toute petite région de l'espace temps ? (Richard Feynman)

lundi 22 septembre 2008

Appréhension de la réalité

Souvent, la compréhension facile est un réflexe comparable à celui du genou et constitue la forme d'entendement la plus dangereuse qui puisse exister. Tel un écran aveugle et scintillant, elle annihile votre faculté d'apprendre. Ne comprenez jamais rien. Toute appréhension de la réalité ne saurait être que temporaire. (Frank Herbert)